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SANTE
Le cancer, une nouvelle pandémie en croissance maligne
Kanya D'Almeida

NATIONS UNIES, 24 avr (IPS) - Peu de gens dans le monde peuvent prétendre être épargnés par le cancer. Si la maladie n'est pas personnellement combattue d’une manière ou d’une autre, des millions de gens sont en ce moment même assis à côté de proches qui luttent pour leur vie, visitent des amis qui récupèrent de la chimiothérapie, ou recherchent les derniers traitements pour leurs parents.

Les prévisions de la principale organisation de recherche sur le cancer dans le monde indiquent que les choses ne feront qu'empirer. Le Rapport mondial 2014 sur le cancer indique que nous pouvons nous attendre à une augmentation de 70 pour cent de nouveaux cas de cancer au cours des 20 prochaines années, pour atteindre 25 millions d'ici à 2025.

Produit tous les cinq ans par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence spécialisée de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) basée à Genève, ce rapport de 632 pages a noté que de nouveaux cas de cancer sont passés de 12,7 millions en 2008 à 14,1 millions en 2012. La même année a enregistré 8,2 millions de décès liés au cancer dans le monde.

De plus en plus, la maladie gagne du terrain dans les pays à revenu faible et intermédiaire qui n'ont ni l'expérience ni les ressources financières pour y faire face.

Au total 60 pour cent des cas de cancer surviennent actuellement en Asie, en Afrique et en Amérique centrale et du sud, les mêmes régions qui représentent 70 pour cent des décès liés au cancer.

Mesurer le 'fossé en matière de cancer'

Des experts venus du monde entier disent que, quand il s'agit de cancer, les pays en développement sont pris entre le marteau et l'enclume.

D'une part, ils continuent de connaître des taux élevés de cancers d'origine infectieuse comme le cancer du col de l'utérus, de l'estomac et du foie, qui sont tous associés à la pauvreté: le manque d'accès aux vaccins, l’absence d'installations de dépistage, et des options de traitement inadéquates.

D'autre part, le cancer associé à un mode de vie plus riche - comme les cancers du poumon, du sein et du gros intestin, qui sont liés à une consommation accrue d'alcool, de tabac et d’aliments traités – augmentent également parmi les classes moyennes en plein essor de ces pays.

Par exemple, 'American Cancer Society' (Association américaine de lutte contre le cancer) a signalé il y a seulement quelques mois que l'Afrique connaît une "augmentation alarmante" de la consommation de tabac, le nombre de fumeurs adultes devant monter en flèche pour passer "de 77 millions à 572 millions d’ici à 2100 si de nouvelles politiques ne sont pas mises en œuvre et appliquées".

Evan Blecher, directeur du programme de recherche sur la lutte mondiale contre le tabac à l'Association américaine de lutte contre le cancer et auteur du rapport intitulé 'Tobacco Use in Africa' (Consommation de tabac en Afrique), attribue cette hausse à plusieurs facteurs, la croissance économique étant le premier facteur.

"Les économies africaines croissent plus rapidement et plus constamment maintenant par rapport à n’importe quel moment au cours des 50 dernières années", a souligné Blecher à IPS depuis sa ville natale, le Cap, en Afrique du Sud. "La croissance économique et le développement augmentent la consommation de tabac à cause de revenus plus élevés disponibles.

"Certains des pays où nous avons vu les plus fortes hausses sont l'Angola, la République démocratique du Congo, l'Ethiopie, Madagascar, le Mozambique, le Sénégal et le Nigeria - ces pays sont parmi les pays qui connaissent le plus une croissance plus rapide en Afrique et dans le monde", a-t-il ajoutée.

Ce 'double fardeau' - de cancers associés à la fois à la croissance et la pauvreté - menace de paralyser les systèmes de santé déjà tendus.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a constaté que les pays à revenu faible et intermédiaire représentent 85 pour cent de la population mondiale mais possèdent seulement 4.400 appareils de mégavoltage, moins de 35 pour cent de la capacité mondiale de radiothérapie.

Ayant à l'esprit que près de 50 à 65 pour cent de tous les malades de cancer ont en fin de compte besoin d'un certain type de radiothérapie, cette pénurie énorme constitue une mauvaise nouvelle pour les pays en développement. Selon l'AIEA, quelque 23 pays - la plupart en Afrique – avec des populations de plus d'un million d’habitants ne dispose pas d’un seul appareil de radiothérapie.

Evaluer l’inégalité

R. Sankaranarayanan, conseiller spécial dans le lutte contre le cancer au CIRC, a déclaré à IPS que le fossé en matière de cancer non seulement sépare les pays à différents niveaux de développement, mais aussi affecte différentes populations au sein des pays.

"Les grandes disparités dans les issues de survie au cancer du sein et du gros intestin entre les zones rurales et urbaines dans des pays tels que la Chine, l'Inde, la Thaïlande, etc., et ... les disparités de survie au cancer du sein entre les populations noires et blanches aux Etats-Unis ... sont de bons exemples", a-t-il indiqué.

Le dernier cas a été largement signalé aux Etats- Unis, des chercheurs et professionnels de la santé déplorant l'écart de 8,8 pour cent entre les taux de mortalité liés au cancer du sein pour les femmes noires et blanches.

Les données publiées en mars par l'Association américaine de lutte contre le Cancer insinuent que la pauvreté alimente les disparités dans les diagnostics et les taux de mortalité liés au cancer.

Etant donné que l'obésité est un problème énorme dans les communautés afro-américaines, affectant environ 50 pour cent de tous les adultes contre 35 pour cent des adultes blancs, il n'est pas surprenant que les Afro-Américains connaissent une incidence plus élevée de cancer colorectal, qui est associé à la consommation à outrance d’aliments malsains traités.

En Inde, où plus d'un million de nouveaux cas de cancer ont été signalés en 2012 et où près d'un million de personnes sont mortes d'une forme de la maladie, une grande diversité de modes de vie semble expliquer le grand fossé en matière de cancer.

Par exemple, la plus forte incidence de cancer a été enregistrée dans l’Etat de Mizoram, dans le nord-est de l’Inde, et l'une des économies à croissance plus rapide dans le pays, tandis que la plus faible incidence a été signalée à Barshi, une municipalité rurale dans l'Etat de Maharashtra, dans l’ouest de l’Inde, où une grande partie de la population est engagée dans l'activité agricole.

Silvana Luciani, conseillère sur la prévention et la lutte contre le cancer dans le département des maladies non transmissibles et de la santé mentale à l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), dit que les disparités interrégionales dans les services de santé entraînent également des taux de mortalité asymétriques.

"En Amérique centrale, vous voyez des taux de mortalité du cancer du col de l’utérus de l'ordre de 15 ou 18 pour 100.000 en Amérique du nord alors que le taux de mortalité du cancer du col de l’utérus tourne autour de deux pour 100.000, ce qui est nettement inférieur", a-t-elle indiqué à IPS.

"Cela a beaucoup à voir avec de meilleurs programmes de dépistage par frottis sanguin en Amérique du nord qui existent depuis longtemps et sont d'une qualité beaucoup plus élevée qu'en Amérique centrale, où les systèmes de santé sont beaucoup plus fragmentés", a-t-elle souligné.

Sankaranarayanan déclare que des pays tels que la Corée du Sud, la Turquie, la Malaisie, l'Inde, le Ghana, le Maroc, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Costa Rica et le Mexique "introduisent de plus en plus une couverture universelle des soins de santé ou des régimes nationaux d'assurance qui ciblent les populations les plus opprimées socio- économiquement... bien que les populations vieillissant rapidement et l’introduction continue de technologies à coûts élevés pour les soins de cancer augmentent les pressions sur ces systèmes". (FIN/2014)

 

 

 

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