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INDE
L’absence d’assainissement fait que des filles abandonnent l’école
Ranjita Biswas

KOLKATA, Inde, 24 avr (IPS) - Dans une grande partie des zones rurales de l'Inde, l'absence de toilettes séparées pour le nombre croissant de filles ébranle leur éducation. Beaucoup sont incapables d’aller à l'école au cours de leur cycle menstruel.

Selon le Rapport annuel 2011 sur l’état de l'éducation dans le pays, le manque d'accès aux toilettes amène des filles âgées de 12 à 18 ans à s’absenter de l’école pendant près de cinq jours par mois, soit environ 50 jours d'absence par an.

La Cour suprême du pays a statué en 2011 que toutes les écoles publiques doivent disposer de toilettes. Mais une étude pan-Inde intitulée 'The Learning Blocks' (Les blocs d'apprentissage), effectuée par l'ONG CRY en 2013, montre que 11 pour cent des écoles n'ont pas de toilettes et que seulement 18 pour cent ont des toilettes séparées pour les filles. Dans 34 pour cent des écoles, les toilettes sont en mauvais état ou tout simplement inutilisables.

Atindra Nath Das, directeur régional de CRY-East, a déclaré à IPS : "Les enfants n'ont pas d'eau potable, des écoles n'ont toujours pas leurs propres bâtiments et les toilettes n’existent pas. Pas étonnant que 8,1 millions d'enfants en Inde ne soient toujours pas scolarisés".

"Il y a une forte augmentation du taux d'abandon scolaire, surtout chez les filles, pendant qu’elles passent du primaire au secondaire, parce que nous n’arrivons pas jusque-là à leur fournir des toilettes adéquates", a-t-il indiqué.

Un rapport publié en 2010 par l'Institut universitaire des Nations Unies pour l'eau, l'environnement et la santé a noté qu’"Une fois que les filles atteignent la puberté, le manque d'accès à l'assainissement devient un problème central de santé culturelle et humaine, contribuant à l'analphabétisme des femmes et aux faibles niveaux d'éducation, qui contribuent à leur tour à un cycle de mauvaise santé pour les femmes enceintes et leurs enfants".

Selon les données du recensement effectué en 2011 par l'Inde, la couverture sanitaire nationale était de 49 pour cent, mais le chiffre pour les zones rurales est pire, 31 pour cent. Il est encore plus faible pour les Dalits ou les communautés marginalisées (23 pour cent) et les populations tribales (16 pour cent).

Le manque d'installations d'assainissement constitue toujours une pierre d'achoppement pour une expansion efficace des programmes de santé et d'éducation dans beaucoup de régions rurales de l'Inde.

'Mahila Samiti Jagriti' (MJS), une ONG travaillant à Jharkhand, un Etat économiquement en retard dans l'est de l'Inde avec une grande population tribale, dirige des programmes de sensibilisation sur l'utilisation de l'assainissement, mais n'est pas très heureuse avec les résultats.

Mahi Ram Mahto, directeur de MJS, a déclaré à IPS: "Nous mené 300 programmes d'assainissement, même aidé à construire des toilettes dans les maisons avec un financement provenant d'organismes gouvernementaux, mais seulement 15 à 20 pour cent des bénéficiaires les utilisent".

Sans une citerne pour tirer la chasse, les toilettes posent un problème, dit-il. "Les gens sont obligés transporter l'eau dans des seaux à partir d'une source d'eau commune comme une pompe à main ou d'un étang; la plupart des ménages n'ont pas de robinets. Ils disent qu'il se peut qu’ils défèquent aussi sur les terrains ouverts".

En 1999, l'Inde a lancé le 'Nirmal Bharat Abhiyan' (Campagne pour un assainissement total), un programme communautaire, dans le cadre duquel il donne l’équivalent d'environ 80 dollars à chaque ménage pour qu’il installe des toilettes. Mais beaucoup de gens pauvres affirment que cette somme n'est pas suffisante et défèquent toujours dans les champs ou le long des lignes de chemin de fer.

La campagne "prévoit l'installation des toilettes et l'éducation sur l'hygiène dans tous les types d'écoles publiques rurales (jusqu'à l’enseignement secondaire supérieur ou la classe terminale) avec l'accent sur les toilettes pour les filles".

Mais ces dispositions seules n’aident pas, disent les activistes.

L’Accès à l'eau pour les toilettes est un problème majeur dans beaucoup d’écoles rurales dans l'Etat du Bengale occidental, dans l’est du pays, souligne Vijay K. Jha, contrôleur honoraire à la branche de l’ONG 'Sulabh International' dans l’Etat. Cette ONG dirige l'un des plus grands programmes d'assainissement réussis au monde.

"Nous avons travaillé dans 50 écoles dans le district de Murshidabad dans l'Etat du Bengale occidental, dans l’est de l’Inde, fournissant des infrastructures et menant des programmes de sensibilisation sur l'hygiène. Des plans sont en cours pour étendre le travail à 100 autres [écoles] dans un proche avenir", a déclaré Jha à IPS.

Malgré des toilettes séparées pour les filles, les résultats ne sont pas satisfaisants. Comme dans le cas de Jharkhand, l’indisponibilité de l'eau empêche l'utilisation des toilettes. La plupart des écoles n'ont pas de conduites d'eau qui vont jusqu’à leurs enceintes.

Le Collège Diara Hazi Nasrat Mallick, dans le district de Murshidabad, où Sulabh a construit des toilettes séparées, est un exemple typique.

Alaul Haque, le directeur du collège, a déclaré à IPS: "Nous sommes heureux que cette installation ait été construite. Mais les filles sont encore obligées d’amener de l'eau à partir du puits parce qu'il n'y a encore aucune connexion d'eau courante dans l'école". La moitié des quelque 300 élèves du collège sont des filles.

Le Collège Gayeshpur, un autre établissement dans le même district, a la même plainte. "Avec près de 300 élèves filles dans notre école mixte, nous avons besoin d'au moins deux toilettes. Nous étions heureux que les toilettes aient été construites, mais elles manquent encore d'eau courante", a déclaré à IPS, Prasanta Chatterjee, le directeur du collège.

Le programme gouvernemental dans le cadre duquel les ONG entreprennent le travail de construction des toilettes n’inclut pas la fourniture de conduites d'eau - une tâche qui revient aux organismes locaux. (FIN/2014)

 

 

 

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