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RWANDA
La réconciliation après le génocide pour booster la croissance économique
Aimable Twahirwa

KIGALI, 24 avr (IPS) - Cela fait près de 20 ans que Sylidio Gashirabake, un Hutu, était un auteur dans le génocide au Rwanda. Cela fait également près de 20 ans que son voisin, Augustin Kabogo, un Tutsi, a perdu sa sœur et sa famille dans les violences. Mais aujourd'hui, les deux hommes travaillent côte à côte dans leur entreprise commune dans le district de Kirehe, dans le sud du Rwanda.

On estime que 800.000 Tutsis minoritaires et Hutus modérés ont perdu la vie dans le massacre qui a commencé après la mort de l'ancien président, Juvénal Habyarimana, et de son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, lorsque leur avion a été abattu alors qu’il était au-dessus de Kigali le 6 avril 1994.

Gashirabake a été libéré de prison en 2006 après avoir avoué deux ans plus tôt ses crimes et a confessé à Kabogo - qui a réussi à échapper aux massacres en se cachant dans un marais proche - où se trouvaient les restes de sa famille. Bien que Gashirabake ait toujours nié avoir joué un rôle dans le massacre de la famille de Kabogo.

"J'ai délibérément [confessé] afin de soulager ma conscience de ce fardeau, que je suis incapable de continuer à porter après plusieurs années", a déclaré Gashirabake à IPS.

Il y a deux ans, Kabogo a pardonné Gashirabake et les deux voisins sont devenus des partenaires d'affaires depuis ce temps.

Ils font partie d'un groupe de 30 personnes impliquées dans un projet d'élevage de porcs dans le district de Kirehe qui a été initié par un bénévole japonais en 2012 et vise à réconcilier les victimes et les auteurs du génocide au Rwanda.

Et Gashirabake et Kabogo sont convaincus que pour qu’ils réussissent, il est impératif que la réconciliation au Rwanda devienne une réalité. Maintenant, ils gagnent environ 200 dollars par mois en moyenne à partir de l'entreprise.

Kabogo est convaincu qu'il n’est plus important de savoir si Gashirabake a tué sa famille ou pas. Ce qui est important, affirme-t-il, c’est que Gashirabake a présenté ses excuses pour les crimes qu'il a commis.

"Je dois convenir que la réconciliation à travers la réduction de la pauvreté devient lentement une réalité 20 ans après [le génocide] au Rwanda", a indiqué Kabogo à IPS.

A travers les 30 districts de ce pays d'Afrique centrale, il existe plusieurs projets, soutenus à la fois par le gouvernement et des ONG, qui se concentrent sur la réduction de la pauvreté.

Cela comprend le projet Girinka ("Pouvez-vous avoir une vache") financé par le gouvernement. Crée en 2006, Girinka distribue des vaches aux familles vulnérables dans les zones rurales reculées. Le projet indique que depuis 2013 environ 350.000 personnes ont bénéficié du programme.

Parce que presque 90 pour cent de la population dépend du secteur de l'agriculture pour leur survie, le gouvernement a adopté un certain nombre de réformes visant à s’assurer que les ménages pauvres et les survivants du génocide sont soutenus.

Cela comprend la mise en place du Fonds d'aide du gouvernement pour les survivants du génocide qui, depuis sa création en 1998, dispose d’un budget total de 117 millions de dollars pour fournir l’éducation, des paquets de soins de santé et des logements aux survivants du génocide vulnérables.

Depuis son arrivée au pouvoir après avoir battu le régime génocidaire en juillet 1994, l'ancien groupe rebelle, actuellement au pouvoir, le Front patriotique du Rwanda (FPR) a initié des réformes importantes, y compris des réformes économiques saines.

Selon un rapport de la Banque mondiale intitulé "Rwanda: Reconstruire une société équitable - Réduction de la pauvreté après le génocide" environ 70 pour cent des 11,5 millions d'habitants du pays vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 1993. Quatre ans plus tard, cela a été réduit à 53 pour cent.

Les derniers chiffres publiés dans la troisième Enquête intégrée sur les conditions de vie des ménages réalisée en 2011 par le gouvernement montrent qu’entre 2006 et 2011 un million d’autres personnes sont sorties de la pauvreté.

Et le Rwanda a été félicité par ses partenaires au développement, la Banque mondiale, l'Union européenne et le Fonds monétaire international, pour ces réalisations économiques et ses réformes réussies.

Cependant, il y a un consensus qui émerge selon lequel des défis à la croissance économique et au développement du pays demeurent.

Pascal Nshizirungu, un enseignant des sciences socio-économiques à l'Université de Kigali, a déclaré à IPS que les efforts nationaux pour mobiliser des investissements doivent également aller de pair avec la fermeture de l'écart entre les riches et les pauvres.

Le gouvernement, à travers la deuxième phase de sa Stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté, investit dans des domaines clé de développement afin de voir le Rwanda reclassé comme un pays à revenu intermédiaire d'ici à 2020, avec un revenu par habitant de 1.240 dollars. Actuellement, le revenu par habitant de la classe moyenne du Rwanda est estimé à 693 dollars.

Le gouvernement cible également les investissements étrangers et crée des mesures d’incitation pour les investisseurs, telles que la privatisation.

"A part la stabilité politique, le pays dispose désormais d'un atout que les autres pays de la région n'ont pas tel que les infrastructures, qui attirent beaucoup plus d’investissements privés", a expliqué à IPS, Robert Mathu, directeur exécutif de l’Autorité du marché des capitaux du Rwanda, un organe gouvernemental de réglementation de toutes les opérations boursières.

"Le pays cherche à renforcer la croissance nationale et créer un climat qui encourage l’implication du secteur privé", a indiqué Mathu.

La croissance économique du Rwanda était de 4,6 pour cent en 2013. (FIN/2014)

 

 

 

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