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AFRIQUE
L'Ethiopie cherche à devenir un centre de la science de l’espace
James Jeffrey

ADDIS-ABEBA, 8 juin (IPS) - Au sommet des montagnes d’Entoto, parsemées d’eucalyptus, qui surplombent la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, les travaux sont presque finis sur le premier observatoire du pays. L’étude des étoiles et des galaxies sera vitale pour le développement de ce pays de la Corne de l'Afrique et ira certainement jusqu’à renforcer l'amour fraternel, disent les scientifiques qui font partie du projet.

"La technologie spatiale est souvent considérée comme un luxe uniquement pour les pays développés", déclare à IPS, Solomon Belay, directeur du Centre de l'observatoire et de recherche d’Entoto. "Mais c'est en fait un besoin fondamental et vital pour le développement".

Il souligne que la technologie de la science de l'espace et la recherche peuvent être appliquées à plusieurs besoins fondamentaux de la vie, y compris la santé, l'énergie, la sécurité alimentaire et la gestion de l'environnement.

La topographie des montagnes de l'Ethiopie - l'observatoire se trouve à 3.200 mètres d’altitude - et le climat idéal du pays, qui comprend l'air mince et la couverture nuageuse minimale pour une grande partie de l'année, font qu’elle est idéale pour l’hébergement des observatoires, d'où vous pourrez observer les étoiles et les galaxies.

Déjà, il est prévu la construction d’un autre observatoire près de Lalibela, qui abrite les célèbres églises rupestres d'Ethiopie. Il serait même plus élevé, environ 4.200 m d’altitude.

On espère que ces observatoires relanceront une culture scientifique en Ethiopie, un coup de pouce important pour le développement socio-économique, indiquent à IPS les personnes impliquées dans le projet, puisque la science de l'espace a des applications dans des plusieurs domaines au niveau des secteurs public et privé.

Josef Huber, un ingénieur des systèmes à 'Astelco Systems', une société basée en Allemagne qui a construit et installé les télescopes de l'Observatoire d’Entoto, qui est bénévole pour un observatoire public à Munich, en Allemagne, souligne que l'étude des étoiles concerne plus que le développement seulement.

"Quand les gens voient [la planète] Saturne pour la première fois, et ce n'est pas juste une image, ils sont vraiment impressionnés", dit-il à IPS.

"Pour beaucoup de gens, leur monde, ce sont leur maison et leurs voisins - quand vous voyez au-delà de cela, vous ne vous battrez jamais avec votre voisin, surtout si vous vous rendez compte qu’une étoile pourrait exploser et faire disparaître une galaxie".

Les observatoires fourniront également des facilités de formation et de recherche pour les étudiants de 33 universités éthiopiennes, et serviront à attirer les milieux universitaires et des scientifiques internationaux. On espère que l'Ethiopie deviendra un jour la version africaine du Chili, un centre mondial pour l'astronomie et la recherche.

Il y a cependant ceux qui ne partagent pas cet enthousiasme. Une récente critique des médias a été focalisée sur les pays donateurs qui continuent de fournir des millions de dollars d'aide aux pays africains – l’Ethiopie reste l’un des principaux bénéficiaires de l'aide étrangère - qui se lancent dans des aventures aérospatiales alors que de nombreux habitants continuent de souffrir dans les bidonvilles et les villages ruraux.

"Les politiciens éthiopiens ont reconnu le rôle que la science de l'espace peut jouer dans le développement de l'Ethiopie, et appuient la création des investissements dans de nouveaux observatoires et le programme spatial du pays", déclare à IPS, Abinet Ezra de la Société de la science de l’espace d'Ethiopie (ESSS).

On estime que près de 70 pour cent de la population d’Afrique subsaharienne vit encore avec moins de deux dollars par jour. En Ethiopie, on estime que 29 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Néanmoins, l'Ethiopie dispose désormais de son Observatoire d’Entoto estimé à quatre millions de dollars, hébergeant deux télescopes de la classe d'un mètre, qui pèsent six tonnes et coûtent environ 1,5 million de dollars chacun. C’est le fruit du travail de l’ESSS, qui a été fondée il y a 10 ans pour corriger l’absence de l'activité de la science de l'espace et de l'intérêt en Ethiopie.

A la création de l'ESSS, "la plupart des politiciens éthiopiens n'étaient pas prêts pour la science de l'espace", souligne à IPS, Abinet Ezra, directeur des communications de l'ESSS.

Au début, l’ESSS était obligée d’importer des télescopes des Etats-Unis, mais cela s'est avéré difficile en raison des taux de change, explique Abinet.

"Le développement de la science n'est pas facile en Afrique", ajoute Salomon. "La science a besoin de visibilité politique, sinon elle n'est pas jugée assez importante ou n’est pas dotée d'un budget". Il ajoute que les stratégies économiques n’étaient pas souvent liées à la science et à la technologie, avec l’attention portée plutôt sur l'agriculture à petite échelle.

Jusqu'à présent, seule une poignée de pays africains – tels que l'Afrique du Sud, le Nigeria, l'Egypte et le Maroc - ont des programmes spatiaux qui ont lancé des satellites. Mais ils sont susceptibles d'avoir de la compagnie bientôt. En plus des efforts de l'Ethiopie, le Ghana et l'Ouganda ont récemment initié des programmes de recherche spatiale et on pense qu’il leur faudra plusieurs années avant de mettre des satellites dans l'espace.

"Les politiciens éthiopiens ont reconnu le rôle que la science de l'espace peut jouer dans le développement de l'Ethiopie, et appuient la création des investissements dans de nouveaux observatoires et le programme spatial du pays", affirme Abinet.

Actuellement l'astronomie est très peu enseignée en Afrique subsaharienne à part l'Afrique du Sud, ce que l'Observatoire d’Entoto cherche à corriger en facilitant la formation pour les niveaux de Masters et de doctorat en astronomie d'observation et théorique, en science de l'espace, et en observation de la terre.

Il pourrait également exister des récompenses financières provenant d'un projet de centre d'accueil pour les visiteurs et de la vente par l'observatoire des informations recueillies, comme les prévisions météorologiques en temps réel et les données sur les tendances.

Mais ce sont les avantages intangibles qui passionnent le plus les personnes impliquées dans le projet.

"L’astronomie amène les jeunes à s’intéresser à la science et la technologie", indique Salomon. "Et un programme spatial est un outil important pour inciter les étudiants à aimer la physique et la chimie".

"Quand j'étais enfant, j’étais intéressé par la science de l'espace mais je n’arrivais pas à trouver un endroit pour faire des études dans ce domaine", déclare Eyoas Ergetu, 24 ans, un ingénieur en mécanique à l'Université d'Addis-Abeba, qui fait partie de l'équipe de l'observatoire. "C’est donc très intéressant d’être en train de travailler ici".

L’ESSS veut que l’Ethiopie rattrape les pays africains qui ont lancé des satellites, et est en train de faire pression pour que le gouvernement se concentre sur l'existence de satellites éthiopiens dans l'espace dans la prochaine décennie.

Ces appareils pourraient aider à améliorer les télécommunications et la surveillance des activités telles que l'exploitation minière et l'agriculture, ainsi que la construction de grandes infrastructures comme le 'Renaissance Millennium Dam Project' (Projet du barrage du millénaire de la renaissance). Ce projet de barrage a été marqué par des controverses quant à son impact potentiel sur l'environnement depuis qu’il a été annoncé en 2011. (FIN/2014)

 

 

 

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