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MONDE
Promouvoir une communauté interconfessionnelle sans conflits religieux
Kanya D'Almeida

NATIONS UNIES, 18 juin (IPS) - Des hommes saints et leurs livres saints ont gravé une traînée de larmes et de sang dans les annales de l'histoire humaine. Du fond de temples paisibles, des bandes ont été envoyées avec des torches allumées; depuis des clochers et des minarets, des messages de haine sont parvenus sur des têtes pieuses plongées dans la prière.

Pendant trop longtemps, la religion a incité à la violence et alimenté les conflits.

Mais une nouvelle alliance cherche à changer cette situation en rassemblant les adeptes de différentes religions, pour maîtriser - par le dialogue - le gouffre entre 'Votre Dieu' et 'Mon Dieu' dans l'espoir de parvenir à une communauté internationale vraiment interreligieuse.

"Il n'y a pas quelque chose comme un conflit religieux", a déclaré Faisal Bin Abdulrahman Bin Muaammar, secrétaire général de l'organisation intergouvernementale qui se fait appeler KAICIID, lors d'une conférence de presse à New York le 11 juin.

"La religion rejette le conflit. La violence au nom de la religion, c’est la violence contre la religion".

Basé à Vienne, en Autriche, le KAICIID (Centre international pour le dialogue interreligieux et interculturel du roi Abdullah Bin Abdulaziz) est composé d'un Conseil des parties composé des gouvernements de l'Autriche, d'Espagne et d'Arabie Saoudite, avec le Saint-Siège comme observateur fondateur.

Son conseil d'administration comprend des chefs religieux issus de cinq principales religions du monde (le christianisme, l'islam, le judaïsme, l'hindouisme et le bouddhisme), qui ensemble cherchent à favoriser un processus, du bas vers le haut, d'engagement et d'autonomisation des organisations confessionnelles locales et des chefs religieux dans le maintien de la paix, la prévention des conflits et le développement.

Le centre estime que huit personnes sur 10 dans le monde s'identifient à une certaine forme de religion organisée et la plupart d’entre elles sont toutes susceptibles de se classer comme des individus épris de paix.

Malheureusement, selon Ben Muaammar, les politiciens et les extrémistes ont "détourné" la nature intrinsèquement tolérante et pacifique de la pratique religieuse à leurs propres fins - souvent violentes et qui créent souvent la division.

C'est seulement par un dialogue soutenu, a-t-il indiqué, que les gens peuvent être habilités à surmonter leur peur de 'l'Autre', et à œuvrer dans le sens d’un monde plus inclusif et tolérant.

L'entrée du KAICIID sur la scène mondiale est très opportune; selon une nouvelle étude réalisée par 'Pew Research Center', un centre de recherche indépendant - qui a couvert 198 pays, représentant 99,5 pour cent de la population mondiale – les hostilités sociales impliquant la religion sont à la hausse dans tous les continents sauf les Amériques.

Le rapport a noté que "le nombre de pays confrontés à la violence terroriste liée à la religion a doublé au cours des six dernières années. En 2012, des violences terroristes liées à la religion ont eu lieu dans un pays sur cinq (20 pour cent), en hausse par rapport à neuf pour cent en 2007".

La moitié de tous les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du nord a connu des violences sectaires en 2012, amenant la moyenne mondiale totale de pays confrontés à de telles hostilités à 18 pour cent, en hausse par rapport à huit pour cent en 2007.

En un an, entre 2011 et 2012, le nombre de pays confrontés à un niveau très élevé d’hostilités religieuses est passé de 14 à 20. Six de ces pays - Syrie, Liban, Bangladesh, Thaïlande, Sri Lank et Birmanie - ont relativement connu quelques hostilités en 2011 par rapport à 2012.

Les choses se sont également aggravées pour les minorités religieuses, selon l'étude, 47 pour cent des pays étudiés signalant des incidents de violence ciblée contre des minorités, en hausse par rapport à 38 pour cent en 2011.

"Au Sri Lanka à majorité bouddhiste, par exemple, les moines ont attaqué des lieux de culte musulmans et chrétiens, y compris le fait qu’ils auraient attaqué une mosquée dans la ville de Dambulla en avril 2012 et occupé de force une église adventiste de septième jour dans la ville de Deniyaya et l’auraient transformée en un temple bouddhiste en août 2012", ont souligné les auteurs du rapport.

Un tableau sombre qui peut être facilement changé, selon le KAICIID, dont le secrétaire général a rencontré le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, il y a une semaine pour présenter les collaborations possibles entre l’organisation mondiale et le groupe intergouvernemental vers le but d'endiguer la violence religieuse.

Sur le papier, l'ONU s'est déjà engagée à la question de la compréhension et la paix entre les religions à travers le dialogue. Des agences comme l’Alliance des civilisations des Nations Unies (UNAOC) ont pour mission l'objectif de "promouvoir la compréhension entre les pays ou les groupes d'identité, toutes avec une vue orientée vers la prévention des conflits et la promotion de la cohésion sociale".

Mais des visions de haut niveau ne peuvent pas devenir une réalité sans des efforts ciblés pour engager les communautés à la base, comme l’a souligné le travail du KAICIID. Seulement dans sa deuxième année de fonctionnement, l'organisation se vante déjà de résultats tangibles, y compris un dialogue interreligieux réussi sur la République centrafricaine (RCA), où des centaines de personnes ont été tuées et plus de 500.000 déplacés depuis le début d'un conflit en 2012.

"Du 8 au 9 mai, nous avons travaillé avec les chefs religieux de la RCA, les mettant en contact avec les chefs religieux dans d'autres pays africains, tout en veillant à ce que nous travaillions de concert avec d'autres organisations qui effectuent un travail similaire", a déclaré à IPS, Hillary Wiesner, directrice des programmes du KAICIID.

"Nous travaillons avec les communautés religieuses de l'intérieur, pas comme une institution laïque de l'extérieur", a-t-elle indiqué, ajoutant que cette approche aide à renforcer un sentiment de confiance entre l'organisation et les chefs religieux locaux.

Ceci est crucial, a-t-elle souligné, puisque "les organisations confessionnelles englobent collectivement la plus grande entreprise de la société civile dans le monde".

Selon Katherine Marshall, directrice exécutive de l’organisation 'World Faiths Development Dialogue' (WFDD), qui tente de combler le fossé entre la religion et le développement laïque, "Entre sept et 70 pour cent des services de santé en Afrique subsaharienne sont fournis par des organisations religieuses".

"Ces institutions représentent le seul plus grand système de distribution de services dans le monde", a-t-elle dit à IPS, ajoutant que les organisations religieuses sont indispensables à l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), un ensemble d'objectifs de réduction de la pauvreté convenus par tous les 193 membres des Nations Unies il y a plus d'une décennie.

Une étude réalisée en 2008 par la Banque mondiale a révélé que les organisations confessionnelles à travers le continent africain comblaient les trous béants laissés par l'Etat. Par exemple, une agence évangélique pour le développement appelée Vision Mondiale avait un budget d'aide de 1,25 milliard de dollars pour l'Afrique en 2002.

Au Malawi, le 'Christian Service Committee of the Churches' (Comité des services chrétiens des églises) fonctionnait avec un budget annuel qui a dépassé tout le portefeuille de développement du gouvernement.

Et en Afrique du Sud, l'Eglise catholique a fourni plus de traitement anti-rétroviral aux personnes vivant avec le VIH/SIDA que l'Etat en 2012. (FIN/2014)

 

 

 

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