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SYRIE
Le TNT et la ferraille vident la capitale industrielle du pays
Shelly Kittleson

ALEP, Syrie/GAZIANTEP, Turquie, 21 août (IPS) - De nombreux mécaniciens, boutiques de pneus et de carrosseries de voiture bordaient les rues animées près de l’ancien centre industriel et commercial d’Alep, une vieille ville de Syrie.

Aujourd’hui, des pièces de voiture, de la ferraille, d'autres substances explosives et du trinitrotoluène (TNT) sont emballés dans des barils de pétrole, des réservoirs d'eau ou d'autres grandes bouteilles à partir des zones du régime et sont largués depuis des hélicoptères sur des zones civiles dans la même ville, au mépris de la Résolution 2139 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Pendant les jours passés à l'intérieur de la ville en août, IPS entendait fréquemment des bombes exploser toute la journée et la nuit et a visité plusieurs sites de récentes attaques contre des zones civiles. Des unités de protection civile localement organisées pouvaient être vues en train de tenter de faire sortir des survivants des décombres, mais souvent on n’arrivait pas à y faire quelque chose.

Il y a environ six mois, le 22 février, la résolution de l'ONU ordonnait à toutes les parties au conflit de mettre fin à l'utilisation aveugle de bombes-barils sur des zones peuplées. Le régime syrien a plutôt intensifié leur usage.

L’organisation 'Human Rights Watch' a publié un rapport à la fin de juillet indiquant qu'elle avait identifié "au moins 380 différents sites de dégâts dans les zones tenues par des groupes armés non étatiques à Alep" grâce à l'imagerie par satellite dans la période du 31 octobre 2013 à la résolution du 22 février, et plus de 650 nouvelles frappes d'impact sur les zones tenues par les rebelles depuis cette période, marquant une augmentation significative.

L’une des journées les plus meurtrières de ces derniers mois dans la ville était le 16 juin, lorsque 68 civils ont été tués par des attaques aériennes, selon le Centre de documentation des violations en Syrie. Ce centre a également noté que dans les cinq mois compris entre le 22 février et le 22 juillet, au total 1.655 civils ont été tués dans le gouvernorat d'Alep par les attaques aériennes.

Un responsable du conseil local d'Alep a dit à IPS que sur les quelque 1,5 million de personnes vivant dans la ville auparavant, il y a maintenant moins de 400.000, avec la plupart des personnes qui ont quitté ces derniers mois devenues aujourd’hui des déplacées à l'intérieur. Il a indiqué que tous les mois, le nombre de personnes dans la région est recompté pour l'approvisionnement en vivres et d’autres demandes faites aux donateurs, étant donné le déplacement massif en cours.

La seule route menant vers la frontière turque aux mains des rebelles risque maintenant d’être contrôlée par l'Etat islamique (IS) fondamentaliste - précédemment appelé l’Etat islamique d’Irak et de Syrie (ISIS) - même si les groupes armés d'opposition parviennent à tenir en échec les troupes gouvernementales.

Les forces du régime tentent d'infliger un siège sur les zones d'Alep tenues par les rebelles afin de les forcer à se soumettre, comme elles l'ont fait pour d'autres villes dans plusieurs parties du pays.

Le retrait du groupe djihadiste IS de grandes parties du territoire qui ne sont pas sous le contrôle du régime a été entièrement dû aux combats entre les groupes rebelles eux-mêmes, et il est probable que beaucoup subiront une exécution brutale si le groupe entre dans la ville à nouveau - une perspective que le régime semble être en train de favoriser.

Les bombes-barils ne sont pas larguées sur les forces de l’IS ou sur le territoire qu’elles contrôlent, et jusqu'à récemment, il y avait peu de cas d'attaque quelconque de la part des forces du régime contre les zones tenues par l’IS.

Un activiste local originaire de Jarabulus, contrôlée par l’IS, qui vit maintenant en Turquie - après avoir été soupçonné de "parler négativement de l’IS" dans la communauté - a déclaré à IPS que depuis que le groupe djihadiste a pris le contrôle de la ville, "il n’y a pas eu une seule attaque contre une partie quelconque de lui" de la part du régime.

Les bouteilles remplies du TNT larguées par les forces gouvernementales syriennes détruisent plutôt ces derniers mois les quelques activités productives qui étaient restées dans une ville autrefois connue dans le monde entier pour son savon à l'huile d'olive, son textile et d’autres industries.

Aya Jamili, un activiste local qui vit maintenant en Turquie, a déclaré à IPS que les quelques hommes d'affaires d'Alep qui avaient essayé de maintenir leurs opérations pendant les années de conflit ont, ces derniers mois, soit déplacé leur matériel vers l’autre côté de la frontière ou tout simplement déplacé tout le capital dont ils disposaient et ont recommencé à zéro.

La plupart des activités nécessaires à la survie quotidienne dans la ville sont devenues clandestines. Les structures souterraines ont été transformées par des unités civiles de défense en des abris, qui ont également servi à organiser les festivités marquant la fin du mois saint musulman du ramadan à la fin de juillet. Tout grand rassemblement dans les rues serait susceptible d’attirer l'attention du régime.

Les personnes qui le peuvent se sont installées dans des appartements en sous-sol, comme l’ont fait les centres des médias et les boulangeries, qui travaillent la nuit pour éviter d'être ciblés.

Les produits agricoles viennent de la campagne et des stands vendent des melons et des tomates dans les rues situées plus près de celles du régime. Parce que les bombes-barils ne peuvent pas être guidées avec précision, il existe un risque trop grand pour le régime de les larguer près de son propre camp, alors ces endroits sont jugés 'plus sûrs'.

Néanmoins, il y a toujours le risque constant de tireurs embusqués et de grands voiles portant des impacts de balles ont été suspendus dans certaines rues afin de minimiser leur champ de vision.

Les rues autrefois animées et encombrées ressemblent plus loin pour la plupart à des déserts.

En sortant de la ville, deux bombes-barils ont été larguées successivement près du quartier que IPS traversait et, juste au moment où le chauffeur a dit "les hélicoptères en transportent chacun deux, donc c'est tout pour le moment" et a continué à toute vitesse, un troisième impact assourdissant s'est produit à proximité, secouant le sol.

Plus loin sur la route, des panneaux indiquant le chemin qui mène à 'Cheikh Najjar, ville industrielle' sont percés par des balles, une scène apocalyptique de bâtiments en ruine derrière eux.

Edité par Phil Harris

Traduit en français par Roland Kocouvi (FIN/2014)

 

 

 

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