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SYRIE
Les USA évitent le Conseil de sécurité sur l’invasion imminente du pays
Une analyse de Thalif Deen

NATIONS UNIES, 15 sep (IPS) - Le Conseil de sécurité des Nations Unies, le seul organisme international habilité à déclarer la guerre et la paix, continue de rester un témoin silencieux de la dévastation et des meurtres très répandus à travers le monde, y compris en Palestine, en Syrie, en Irak, en Libye, au Yémen et en Ukraine.

Un Conseil de sécurité profondément divisé a observé le massacre des Palestiniens par Israël, le génocide et les crimes de guerre en Syrie, l'intervention militaire russe en Ukraine, les attaques militaires américaines en Irak et maintenant une invasion virtuelle de la Syrie - si le président américain, Barack Obama, avance avec sa menace de lancer des frappes aériennes contre l'Etat islamique d'Irak et de Syrie (ISIS).

Les Etats-Unis ont refusé d’aller devant le Conseil de sécurité pour une autorisation et une légitimité - même si cela signifie faire face à un droit de veto de la Russie ou de la Chine, ou des deux.

Pourtant, ironiquement, Obama devrait présider une réunion du Conseil de sécurité lorsqu’il sera à New York à la fin de septembre puisque les Etats-Unis assurent la présidence par rotation géographique entre les 15 membres du Conseil.

Qu’un chef d'Etat ou un chef de gouvernement préside une réunion du Conseil de sécurité est un événement rare, pas une norme.

Mais cela se passe quand un membre du Conseil de sécurité préside le Conseil au mois de septembre lors de l'ouverture d'une nouvelle session de l'Assemblée générale, en présence de plus de 150 dirigeants du monde.

Dans son discours à la nation il y a une semaine, Obama a déclaré: "Je présiderai une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies pour mobiliser davantage la communauté internationale autour de cet effort" ("pour dégrader et détruire l’ISIS", le groupe islamiste rebelle militant en Irak et en Syrie).

Pourtant, les frappes proposées à l’intérieur de la Syrie ne font pas partie de l'agenda du Conseil - et certainement pas sous la présidence des Etats-Unis.

Obama a également dit que les agences de renseignement n’ont détecté aucun complot spécifique de l’ISIS contre les Etats-Unis.

L’ISIS est toujours une menace régionale qui pourrait finalement atteindre les Etats-Unis, a-t-il indiqué, justifiant les attaques imminentes.

Norman Solomon, directeur exécutif de l’organisation 'Institute for Public Accuracy', basé à Washington, et co-fondateur de RootsAction.org, a déclaré à IPS: "En tant qu’instrument pour empêcher ou restreindre la guerre, les Nations Unies sont devenues une institution plaintive, avec son Conseil de sécurité dominé par les superpuissances - surtout par les Etats-Unis en tandem avec leurs membres permanents alliés.

Il a dit que d’habitude les présidents américains allaient au moins demander l'approbation du Conseil de sécurité avant de se lancer dans une guerre, mais ce n'est guère le cas aujourd'hui.

"Quand il n'a pas la capacité d’obtenir ce qu'il veut par le biais d'une résolution du Conseil de sécurité qui n’a souffert d’aucun droit de veto pour ses objectifs de guerre, le gouvernement américain continue simplement comme si les Nations Unies n'ont aucune existence importante", a déclaré Solomon, auteur du livre intitulé 'La guerre facilitée: comment des présidents et des experts continuent de nous entraîner vers la mort'.

A l'échelle internationale, a-t-il indiqué, c'est le cas parce qu’il n'existe aucun point de levier géopolitique ou cadre institutionnel de l'ONU suffisant pour obliger les Etats-Unis à prendre en réalité au sérieux le Conseil de sécurité comme étant plus qu'une plateforme pour la pontification.

Un responsable russe a été cité comme ayant dit que l'administration Obama aurait besoin d'obtenir une résolution du Conseil de sécurité avant qu'elle ne lance des attaques aériennes à l'intérieur de la Syrie – ce que, bien sûr, les Russes n'ont pas fait non plus avant d’intervenir en Ukraine.

Peut-être que toutes ces opinions vont dans le même sens: le Conseil de sécurité a à plusieurs reprises révélé son indignité - et demeure inefficace et politiquement impuissant, n’ayant plus sa raison d’être, en particulier dans les situations de crise.

De l’aide humanitaire? Oui. Une action internationale collective? Non.

Les membres permanents du Conseil de sécurité ayant un droit de veto – les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie - ne s’intéressent évidemment pas à l'équité, la justice ou à l'intégrité politique, mais seulement à la protection de leurs propres intérêts nationaux.

Dans un éditorial publié le 12 septembre, le New York Times a tiré sur la sonnette d’alarme lorsqu’il disait qu'il n'y aura pas de retour en arrière une fois que les frappes aériennes entrent sur le territoire syrien, déclenchant des événements qui ne peuvent simplement pas être prévus.

"Certainement, c'est une leçon que l’Amérique a tirée des guerres en Irak et en Afghanistan".

Stephen Zune, professeur des sciences politiques et des études internationales à l'Université de San Francisco, où il sert en tant que coordonnateur du programme des études du Moyen-Orient, a dit à IPS: "Peu importe si elles sont justifiées ou non, les frappes aériennes des Etats-Unis ou d'autres puissances étrangères en Irak et en Syrie constituent clairement des actes de guerre nécessitant une autorisation de l'ONU".

Si selon le président Obama il s’agit de la menace de l’ISIS et de la nature limitée de l'intervention militaire, les Etats-Unis devraient alors avoir peu de mal à bénéficier de l'appui du Conseil de sécurité, a déclaré Zune, qui a beaucoup écrit sur la politique du Conseil de sécurité et sert d’analyste principal des politiques pour le projet 'Foreign Policy in Focus' à l'Institut des études politiques.

"Le refus de venir aux Nations Unies, constitue alors encore un autre exemple du mépris que Washington a apparemment pour l’organisation mondial", a-t-il indiqué.

Peter Yeo, directeur exécutif de 'Better World Campaign', une organisation non gouvernementale (ONG) destinée à renforcer les relations entre les Etats-Unis et les Nations Unies, a demandé au Congrès américain d’engager les Nations Unies pour relever les défis critiques au Moyen-Orient, y compris en Syrie et en Irak.

"Que le Congrès sache que les Etats-Unis ne peuvent pas à eux seuls faire face à ce défi, et que nous devrions continuer à utiliser des ressources comme le Conseil de sécurité des Nations Unies et les agences humanitaires de l'ONU pour lutter contre les menaces actuelles et futures", a-t-il préconisé.

Plus que jamais, les Etats-Unis ont besoin de l'ONU en tant que partenaire stratégique pour faciliter les besoins complexes de sécurité et de réponse humanitaire dans la région, a-t-il indiqué dans un communiqué publié le 11 septembre.

Salomon a dit à IPS que la politique intérieure des Etats-Unis a été sculptée au cours des dernières décennies pour reléguer l'ONU au rôle d'amphithéâtre après coup ou oratoire, à moins qu'il peut être couplé au train de guerre des Etats-Unis du moment historique.

"Déformé, tout comme il est aussi une représentation de seulement les gouvernements de certains secteurs de la puissance mondiale, le Conseil de sécurité a encore du potentiel pour un exercice valable de discours - même la diplomatie - sinon une prise de décisions légitimes en soi".

Mais le Conseil de sécurité représente finalement les programmes dénaturés de ses membres permanents, et ces programmes incluent seulement la paix dans la mesure où les membres permanents sont en réalités intéressés par la paix et un tel intérêt, au mieux intermittent, dépend de la volonté peu fiable à regarder au-delà des intérêts d'entreprise et nationalistes limités, a ajouté Salomon.

"Bien sûr, le gouvernement américain continue de s’engager dans des actes de guerre dans plusieurs pays depuis plus d'une douzaine d'années".

Les frappes militaires actuellement en préparation par la Maison Blanche ajouteront la Syrie à la liste des pays attaqués par un gouvernement basé à Washington qui parle haut et fort de droit international en même temps qu'il viole le droit international à volonté, a-t-il soutenu.

Le gouvernement américain décidera s’il doit demander une autorisation ou une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, principalement afin d’évaluer les avantages probables de la démagogie rhétorique, a prédit Salomon.

Edité par Kitty Stapp

Traduit en français par Roland Kocouvi

L’auteur de l’article peut être contacté à l’adresse e-mail thalifdeen@aol.com (FIN/2014)

 

 

 

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