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La protection des zones arides en Afrique, la clé pour le futur du continent
Sam Otieno

ACCRA, Ghana / NAIROBI, Kenya, Août 29 2017 (IPS) - La population toujours croissante de l’Afrique met une pression intense sur les terrains disponibles pour l’agriculture et les services des écosystèmes vitaux, même si le scénario est aggravé par les conséquences indésirables du changement de climat.

Les impacts du feu et de la fragmentation de l’écosystème sur une communauté peuvent être dévastateur. Crédit : Cheikh Mbow/CRAF/Flickr

Mais l’adoption de mesures pour la Neutralité des terres dégradées (LDN) aide pour s’assurer de la sécurité de la nourriture et de l’eau et contribue au développement socio-économique durable et au bien-être, surtout pour les pays est-africains qui font face à d’énormes défis.

La LDN aidera également à atteindre quelques-uns des Objectifs de Développement Durable -(SDGs) et la ‘Vision de l’Afrique 2063’ a lancé en 2013 un cadre pour la transformation socio-économique du continent durant les 50 prochaines années.

Selon l’Initiative dite de ‘l’Economie de la Dégradation des Terres’, un rapport de la Convention des Nation Unies sur la Lutte contre la Désertification (UNCCD) et autres, la dégradation des terres et la désertification forment un des plus grands défis du monde pour l’environnement. On estime que la désertification touche à peu près 33 pour cent de la surface de la terre. Les 40 dernières années, près d’un tiers des terres arables du monde sont devenues improductives à cause de l’érosion.

L’Afrique est le continent le plus exposé, avec environ 45 pour cent du continent qui est touché par la désertification, dont 55 pour cent court un risque entre élevé et très élevé de dégradation supplémentaire. Les pays secs sont particulièrement touchés par la dégradation de la terre et vu que plus de 50 pour cent de l’Afrique subsaharienne est terre aride ou semi-aride, les moyens de subsistance de plus de 400 millions de personnes qui habitent ces régions sont à risque.

Dans une interview avec IPS, Ermias Betemariam, scientifique éthiopien au département ‘santé de la terre’ du Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF), spécialisé en dégradation des terres, écologie du paysage, écologie de la restauration, dynamique du carbone du sol et sciences spatiales, a expliqué que l’augmentation de la population est un moteur important de la demande croissante de ressources naturelles et des services des écosystèmes qu’elles fournissent, notamment l’alimentation et l’énergie.

«Surtout l’Afrique est confrontée avec le défi critique de sa population qui continue de croître à un rythme rapide tandis que les ressources naturelles, les terres arables, les pâturages forestiers, et les ressources en eau deviennent de plus en plus rares et dégradées», dit-il.

Betemariam a souligné que la nourriture est le plus souvent produite par de petits agriculteurs qui n’ont peut-être pas les moyens ni l’entourage politique et économique favorable pour pouvoir fermer ‘l’écart de rendement’ entre rendements actuels et potentiels.

C’est pourquoi à l’augmentation des besoins alimentaires de la population croissante en Afrique on a répondu avec une expansion de l’agriculture vers de nouvelles terres qui sont souvent marginales, zones semi-arides qui ont un climat qui pose des risques pour l’agriculture, qui changent le paysage local, l’économie et la société.

Ce changement dans l’utilisation des terres a été signalé comme la cause majeure de la dégradation du sol en Afrique.

Betemariam expliquait que la réalisation du SDG 15.3 (un monde neutre en termes de dégradation des terres d’ici 2030) est essentiel pour les pays de l’Afrique subsaharienne. La LDN concerne le maintien et l’amélioration de la productivité des ressources foncières par la restauration et la gestion durable des éléments actifs du sol, de l’eau et de la biodiversité, et en même temps la contribution à la réduction de la pauvreté, à la sécurité de l’eau et de la nourriture et à l’adaptation et l’atténuation du changement climatique.

La UNCCD a déclaré que jusqu’à maintenant 110 pays se sont engagés à fixer des objectifs de LDN. Le Secrétariat et le Mécanisme mondial de la UNCCD soutiennent les gouvernements en ce processus y compris dans la définition de scénarios de référence nationale, des objectifs et des mesures associées pour atteindre la LDN d’ici 2030 à travers du Programme de définition d’objectifs (Target Setting Programme, TSP) de la LDN.

«La LDN est un but qui peut être mis en œuvre à échelle locale, nationale et même régionale» a dit Betemariam à IPS. Au cœur de la LDN il y a des pratiques de Gestion Durable des Terres (SLM) qui aident à fermer les écarts de rendement et accroître la résilience des ressources foncières et des communautés qui en dépendent directement tout en évitant la dégradation».

L’expert cite comme exemple les ressources naturelles gérées par les agriculteurs au Niger et la gestion de l’enclos de bétail et la conservation du sol au Paysage Culturel de Konso en Ethiopie qui est registré par l’UNESCO.

Oliver Wasonga, un spécialiste en écologie des zones arides et spécialiste des moyens de subsistance pastorale a l’université de Nairobi, Kenya, a déclaré qu’il y a peu d’investissement en gestion durable des terres, surtout dans les zones arides; mais encore beaucoup de communautés vivent en Afrique rurale et perdent leurs moyens de subsistance à cause de la perte de productivité causée par la dégradation du sol.

Wasonga a raconté à IPS que la dégradation de la terre coûte près de 65 milliards de dollars annuellement à l’Afrique, à peu près 5 pour cent de son produit intérieur brut. Le coût global de la dégradation des terres est estimé à environ 295 milliards de dollars par an.

L’investissement dans la restauration des terres dégradées est essentiel pour l’amélioration de l’alimentation des ménages et pour la sécurité du revenu, dit-il, surtout pour la majorité de la population rurale africaine qui s’appuie presque entièrement sur les ressources naturelles pour ses moyens de subsistance.

«Cela est d'autant plus vrai pour des milliers d’éleveurs et agriculteurs-éleveurs qui habitent les zones arides de l’Afrique et qui forment plus de 40 pour cent de la surface du continent. Toute tentative d’atteindre la LDN est donc essentielle pour réaliser aussi bien les objectifs de développement que la réduction de la pauvreté» a dit Wasonga.

Il y a un besoin, a ajouté le spécialiste, de créer une plate-forme pour mettre en valeur les histoires de réussites qui peuvent motiver les utilisateurs des terres, les décideurs, les agences de développement et les investisseurs privés de faire mieux. Aussi pour récompenser les individus, les communautés et les institutions pour leurs efforts exceptionnels envers un continent neutre LDN, comme une incitation à s’impliquer et investir dans les pratiques de la Gestion Durable des Terres (SLM).

Investir dans la SLM offre non seulement des opportunités d’accroître la productivité actuelle des terres mais également des solutions qui vont au-delà des approches technologiques, en incluant les aspects de la participation sociale et du dialogue politique.

Selon Levis Kavagi, Coordinateur pour l’Afrique des Ecosystèmes et la Biodiversité au Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), la SLM assure que la maximisation des bénéfices des ressources foncières ne cause pas de dommages écologiques, ni de risques économiques ou de disparité sociale. Cette approche combine le maintien et l’amélioration des terres qui sont encore en bonne santé aussi bien que la restauration des terres qui sont déjà dégradées.

Cependant, le succès des programmes de SLM dépend du système de gouvernance. Un système de gouvernance qui reconnaît et intègre des institutions et pratiques coutumières s’est avéré donner de meilleurs résultats que des interventions statutaires.

«Les gouvernements africains doivent développer des politiques qui favorisent la SLM et particulièrement ceux qui ont pour but de restaurer les terres dégradées. On a besoin d’une approche gagnant-gagnant avec de multiples avantages à court et à long terme en luttant contre la dégradation des terres, aussi bien qu’en restaurant ou en gardant les fonctions et services de l’écosystème, contribuant ainsi aux moyens de subsistance durables et au développement rural», a expliqué Kavagi.

Il a ensuite souligné que la participation des utilisateurs des terres et des communautés est essentielle à la réussite de toute tentative visant à promouvoir la SLM et la restauration de terres dégradées. De telles approches devraient rechercher l’intégration des institutions et pratiques coutumières de faible coût qui sont familières aux communautés en guise de gouvernance décentralisante.

Kavagi a conclu qu’il y a un besoin de sensibiliser et de motiver le secteur privé à investir dans la SLM. On devrait promouvoir le paiement pour les services de l’écosystème comme mesure incitative pour les communautés d’utiliser les terres de façon durable. (FIN/2017)

 

 

 

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